Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans ce nouvel épisode d’HypCast, le podcast rempli d’hypnose et de neurosciences.

Vous êtes prêts à apprendre des choses sacrément utiles, étonnantes, voire carrément étranges au sujet de votre cerveau ? Alors c’est parti !

Depuis quelques années, on entend beaucoup parler de “microlearning”. Mais c’est quoi le “microlearning” au juste ? Comment ça fonctionne et pourquoi provoque-t-il un tel engouement ? 

Le microlearning, c’est quoi ?

Eh bien pour faire simple, le micro-learning est une méthode d’apprentissage répété et scénarisé qui consiste à diviser un contenu pédagogique conséquent en petites unités que l’on appelle “nugets”. Le but ? Optimiser l’assimilation du contenu par le cerveau. Pour vous imager la chose, lorsque vous mangez une pizza, vous n’essayez pas de l’avaler toute entière d’un seul coup, n’est-ce pas ? Sans parler de l’aspect peu pratique, vous risquez au pire de vous étouffer, au mieux, une belle indigestion. Alors telle une Tortue Ninja, vous coupez donc votre pizza en plusieurs parts plus ou moins larges et vous les mangez au fur et à mesure, parfois même sur plusieurs jours !

Eh bien avec la connaissance, véritable nourriture de l’esprit, il faut faire pareil ! Ça parait logique dit comme ça mais ce n’est que récemment qu’on s’est dit que ça serait une bonne idée de découper notre pizza de connaissance en petites parts pour la manger sur un temps long, au lieu de la bouffer d’un seul coup comme un gros goret. 

En vrai, ce que je raconte n’est pas tout à fait vrai. Le micro-learning existe depuis belle lurette. Mais ce n’est que récemment que l’on a quantifié et prouvé son efficacité grâce à l’avènement des neurosciences. Les chercheurs en neuropédagogie ont donc réussi à déterminer la taille que doit avoir une part de pizza afin qu’elle soit assimilée et retenue de manière optimale par notre cerveau. Oui, notre cerveau est une Tortue Ninja.

Mais alors, quelle est donc cette quantité idéale de connaissance ?

Une histoire de bits par seconde

Afin de déterminer la quantité idéale de connaissance pour que celle-ci soit assimilée de manière optimale, il faut d’abord déterminer ce qu’est une connaissance. Et, tout simplement, la connaissance est une information. Et celle-ci peut être encodée grâce à des 0 et des 1 issus du langage binaire utilisé en informatique, par exemple. De cette manière, une information va donc représenter un nombre plus ou moins élevé de 0 et de 1. On peut donc s’amuser à quantifier une information en nombre de “bits”.

Pour transférer un savoir, on fait donc circuler une information d’un point A (l’émetteur) à un point B (le récepteur). Le point A peut-être, par exemple une vidéo YouTube et le point B la personne qui regarde cette vidéo. Lors d’une transmission de connaissance et donc d’information, lorsque vous regardez une vidéo par exemple, on parle donc d’un débit d’information exprimé “bits par seconde”, qui se résume à la quantité de bits que votre cerveau reçoit à chaque seconde. Vous suivez jusque là ? 

Bref, tout ça pour vous parler d’une étude menée en 2019 par 4 chercheurs du CNRS qui a conclu que l’être humain communique par la parole à 39 bits par seconde en moyenne. Autant dire que ça ne va pas bien vite comparé à la vitesse de transmission d’une connexion 4G qui se compte en milliards de bits par seconde. Oui, en plus d’être une Tortue Ninja, notre cerveau est aussi un escargot sous Lexomil. C’est un vrai bestiaire là-dedans !

Il faut donc tenir compte de cette vitesse de transmission de l’information propre à l’être humain, car celle-ci permet de transmettre un savoir de manière optimale. Sinon, vous allez saturer le cerveau de votre interlocuteur. Autrement dit, il va bugger et ne retiendra pas grand chose. 

Certains d’entre vous vont me dire qu’ils regardent leur vidéo YouTube en vitesse 1.5. Bande de petits chenapans ! Vous augmentez donc le débit et donc la quantité d’information que vous recevez chaque seconde. Je sais, je fais pareil. Certaines personnes montent même en vitesse x2 ! Pas mal ! Mais à supposer que l’on soit intéressé par ce que l’on regarde, la question suivante se pose : “Avons-nous vraiment raison de regarder nos vidéos en accéléré et retenons-nous vraiment ce que nous regardons en vitesse x2 ?”. Les neurosciences semblent en tout cas y répondre par la négative…

Le temps d’attention, point crucial du microlearning

Car c’est finalement notre temps d’attention que l’on essaye d’économiser en regardant des vidéos en accéléré. 

A l’heure de l’hyper connexion, des réseaux sociaux et des notifications à tout va, nous sommes toujours plus sollicités, au point d’avoir du mal à rester concentrés sur une tâche précise. Eh bien le temps d’attention, c’est ça : notre faculté à travers le temps à rester concentrés sur une tâche qui mobilise nos capacités cognitives (comme lire un livre, faire ses devoirs ou étudier une nouvelle matière, par exemple) avant d’être distrait par quelque chose ou de penser au temps qu’il fera demain.

Et ce temps d’attention diminue drastiquement depuis plusieurs décennies, tant il est chassé par les différents acteurs de ce que l’on appelle désormais l’Industrie de l’Attention. Facebook, YouTube, Netflix, Fortnite, Candy Crush et même TF1… Tous se battent pour une seule et unique chose, bien plus précieuse encore que l’or ou le pétrole : notre attention.

Dans ce contexte d’ultra sollicitation, difficile pour nous de rester concentrés à 100% de nos capacités cognitives sur une tâche en particulier, d’autant plus si cette dernière est rébarbative ou qu’elle ne délivre pas de récompense immédiate. 

Et d’après de récentes recherches menées par Stacey Stothard de la Skipton Building Society, notre temps d’attention est super court, car il ne dépasse pas 14 minutes ! C’est en réalité celui des anglais car l’étude a été menée en Angleterre, mais on peut facilement imaginer que c’est plus ou moins la même chose pour l’ensemble des pays possédant le même mode de vie. 

C’est là où intervient le micro-learning ! Car grâce à ses modules de contenu pré-découpés comme des parts de pizza, le micro-learning permet de “consommer” une part de connaissance dans un laps de temps très court qui peut aller de 30 secondes à quelques minutes. En plus d’être adaptées aux usages du smartphone que l’on peut sortir de sa poche n’importe quand, n’importe où et à la gamification qui consiste à récompenser l’étudiant comme dans un jeu (merci la dopamine !), ces brèves sessions d’apprentissage efficace sont alors répétées à plusieurs reprises dans la journée où sur plusieurs jours. 

La répétition, l’autre clé du microlearning

Quelle est la raison qui fait que nous connaissons par cœur notre prénom, notre nom, notre adresse et soyons fous, notre numéro de téléphone ? Au-delà du fait que ce sont des informations importantes, ce sont des choses que nous sommes amenées à nous remémorer à de nombreuses reprises, peut-être tous les jours, et cela depuis des années ! À tel point qu’il nous semble impossible d’oublier notre prénom ! Et pourtant, celui-ci n’est qu’une information qui s’est ancrée dans notre mémoire à long terme à force de répétition. 

Eh bien il en va de même pour toutes les autres ! Plus on fait appel à une information, plus elle s’ancre dans notre mémoire à long terme. Autrement dit, moins une information est utilisée, plus elle a de chance d’être oubliée. C’est le propre du fonctionnement de la mémoire et de son optimisation. Il faut donc réactiver régulièrement cette information afin de renforcer les liens neuronaux qui y sont associés et de la faire passer dans notre mémoire à long terme. 

Encore une fois, ça paraît évident comme ça. Et pourtant, cela n’a été théorisé qu’à la fin du 19è siècle par un psychologue allemand du nom de Hermann Ebbinghaus qui s’est amusé à apprendre des mots n’ayant aucun sens et à étudier l’impact de la répétition sur ses capacités de mémorisation. Et il est finalement arrivé à la conclusion édifiante que si nous ne réactivons pas ce que nos connaissances, alors nous oublions plus de 80% de ce que nous apprenons. Ebbinghaus a même modélisé ce qu’il a appelé la “Courbe de l’Oubli” qui décrit notre degré d’oubli en fonction des jours qui passent si on ne réactive pas cette connaissance. 

C’est là où le micro-learning intervient une nouvelle fois ! En répétant et révisant régulièrement les notions apprises précédemment, le micro-learning permet de combattre cette courbe de l’oubli et de progressivement faire passer l’information et la connaissance dans la mémoire à long terme ! Eh oui, c’est pas pour rien si Madame Duschmol elle te faisait chier avec ses verbes irréguliers en anglais. Eh ouais ! Mais une intérro ou deux, c’est loin d’être suffisant. Car il faut à peu près 7 répétitions donc 7 révisions pour que l’information passe dans la mémoire à long terme. 

Le principe de répétition espacée préconise qu’il faut approximativement revoir les notions le jour même, puis deux jours plus tard puis deux fois la semaine suivante puis deux fois dans le mois qui suit.

Vous avez maintenant la méthode.

Conclusion

Résumons : grâce à des techniques de neuro-ergonomie qui semblent à priori évidentes et plutôt simples à appliquer, le microlearning fait de plus en plus parler de lui et s’impose comme une méthode d’apprentissage et de mémorisation efficace et scientifiquement éprouvée. Elle est aussi ludique et gratifiante car elle peut être gamifiée afin de doper à la dopamine notre envie d’apprendre. Dernier point mais pas des moindres, à l’heure des réseaux sociaux et des sollicitations numériques en pagaille, le micro-learning est finalement une méthode adaptée à notre mode de vie moderne. 

Alors, qu’est-ce qu’on attend pour s’en servir ? 😊

Ah oui, donc si on récapitule, 39 bits par seconde x 14 (minutes) x 60 = 32 760 bits. Voilà donc la taille idéale d’une portion de connaissance… 😉

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